Citation
Lamentations de Granite
Mon coeur est si dur. Mes yeux posés sur cette pierre gravée. Je les fermes, toujours cette même pierre. Mon être entier est inondé par cette même image. Et mon coeur, si lourd, semble en avoir adopté la consistance. Mon corps, réclamé par mes cicatrices passées, mes épreuves, mes joies, s'écroule. C'est une montagne qui s'effondre. Sur le sol, on me renvoie les reflets du soleil, si haut, si léger. L'air, lui, semble assez lourd pour m'envelopper, m'enterrer. Accroupie, dévastée, abandonnée sur cette terre, je m'apprête à y voir passer les siècles. Que mon corps épouse ainsi la rosée, et pleure avec moi, chaque matin, toutes les larmes que je ne sais plus puiser. Désormais, n'existera plus autre fraîcheur pour moi que celle accordée par ces nuages, là-haut. Mon corps ne sera plus animé de chaleur, je ne fait plus qu'un avec ce bloc de granite, qui résume désormais tout mon univers. Mes yeux, eux, ne connaîtront ni forme, ni couleur. Ni texture, ni paysage. Ils ont déjà vu tout ce qu'il avait à voir. Ils deviennent toujours davantage aveugles, quand ils me rappellent, en lisant cette tombe,
que mon fils est mort.
Par snow
Mon coeur est si dur. Mes yeux posés sur cette pierre gravée. Je les fermes, toujours cette même pierre. Mon être entier est inondé par cette même image. Et mon coeur, si lourd, semble en avoir adopté la consistance. Mon corps, réclamé par mes cicatrices passées, mes épreuves, mes joies, s'écroule. C'est une montagne qui s'effondre. Sur le sol, on me renvoie les reflets du soleil, si haut, si léger. L'air, lui, semble assez lourd pour m'envelopper, m'enterrer. Accroupie, dévastée, abandonnée sur cette terre, je m'apprête à y voir passer les siècles. Que mon corps épouse ainsi la rosée, et pleure avec moi, chaque matin, toutes les larmes que je ne sais plus puiser. Désormais, n'existera plus autre fraîcheur pour moi que celle accordée par ces nuages, là-haut. Mon corps ne sera plus animé de chaleur, je ne fait plus qu'un avec ce bloc de granite, qui résume désormais tout mon univers. Mes yeux, eux, ne connaîtront ni forme, ni couleur. Ni texture, ni paysage. Ils ont déjà vu tout ce qu'il avait à voir. Ils deviennent toujours davantage aveugles, quand ils me rappellent, en lisant cette tombe,
que mon fils est mort.
Par snow
Ce message a été modifié par -Snow- - 16 January 2009 - 11:00 PM.
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