Teddy2you: Mes histoires - Teddy2you

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#1 L'utilisateur est hors-ligne   -Snow- Icône

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Posté 28 October 2008 - 08:55 PM

Hs: Voici un texte d'horreur de moi, préparé pour l'halloween ! Si vous avez des commentaires, n'hésitez pas...

La petite chapelle blanche


Que peut-on dire quand il n’existe aucuns mots pour traduire une situation ?
Comment faire comprendre aux autres la profonde confusion qui m’habite, si le précieux lien du langage ne m’est d’aucun secours ?
Moi, qui se répugne à l’affreux fardeau du secret, se retrouve à être porteuse du plus terrible d’entre eux. Pourtant, je sens le poids des hivers gagner peu à peu sur mes os et ma peau. Je peux percevoir la trace des années sur le reflet de ma glace. Mon âme doit s’exorciser de son dernier fantôme avant de regagner les limbes. Cette chimère, je suis prête à vous la livrer en héritage. Le seul récit que j’ai toujours caché en moi, pour ne pas qu’il s’alterne sous le regard des autres.


C’était attirée par le calme mortuaire des lieux que je m’étais rendu dans le cimetière, ce matin là. À l’époque, je n’étais encore qu’une adolescente, qui laissait ses vêtements sombre traduire son mal-être. Je préférais largement affronter les rigueurs d’une marche forcé dans le froid, plutôt que de côtoyer un entourage qui me répugnait. Non, je n’étais pas une de ces pauvres jeunes filles, animées d’une passion morbide pour tout objet symbolisant la mort. J’étais seulement une enfant très triste, habillée de noir, qui avait été appâtée par la rouge beauté des feuilles d’automne contre la noirceur des tombes. J’étais arrivée à me lasser de lire ces inscriptions gravée contre la pierre quand me vint une curieuse pulsion; celle d’entrer dans la petite chapelle blanche qui se dressait près des lieux. Étant athée, il ne m’était jamais arrivé, pas une seule fois, de visiter une église. C’est dans un curieux mélange d’excitement et d’anxiété que j’ouvris la porte du bâtiment. Celle-ci n’opposa aucune résistance. Je fus agréablement surprise de trouver la vaste salle vide, moi qui n’avais envisagé la possibilité qu’il ait qui que ce soit. J’ignorais si je commettais une infraction en profanant ainsi un endroit sacré, mais l’enthousiasme prônait sur ma conscience. Cette chapelle était un lieu plutôt modeste, même pour une petite ville comme la mienne. Étant composée d’une pièce plus longue que large, elle faisait penser à un long corridor, soldé par un vaste hôtel. Ci et là, on pouvait observer une effigie du Christ sur la croix, ou un tableau relatant un passage de son agonie. Ce que je remarquai surtout, c’était ces statues de personnages bibliques qui me regardaient d’un œil dur. L’étrange pensée que ces sculptures savaient que j’étais intruse me traversa l’esprit. Malgré tout, je trouvai le courage d’avancer jusqu’au devant de la salle, là où s’étendait une large banquette. J’y pris place, souhaitant ainsi mieux examiner la marginalité des lieux. Sur un socle tenait en équilibre un impressionnant assortiment de lampion et d’encens. Curieusement, ces derniers brûlaient. Même si ce socle était à une raisonnable distance de moi, les lourds relents de fumée parvenaient à mes narines et m’assommaient de leurs parfums. J’imaginais mal comment quelqu’un pourrait volontairement venir ici chaque dimanche pour subir un tel supplice. Malgré cela, je joignis mes mains en signe de prière, prête à jouer le jeu jusqu’au bout. J’allai même jusqu’à fermer les yeux et à commencer à murmurer les quelques fragments de prières que j’avais fini par connaître. Je fus surprise d’une telle audace venant de ma part.

Je fus presque paniquée en revenant à moi. Évidemment, la lumière tamisée et l’inconfortable banquette firent vite de me rappeler mon emplacement exacte. Malgré tout, il y avait quelque chose de fondamentalement changé dans cette chapelle qui avait, à priori, l’aspect d’un lieu abandonné. Cette rapide métamorphose d’atmosphère avait presqu’un quelque chose de surnaturel. Mais qu’es-ce qui me permettait de qualifier ce changement de "rapide" ? Après tout, qui sait combien de temps j’avais pu m’assoupir alors que je m’attelais à cette fausse prière… Je ne mis point longtemps avant de cerner les quelques détails qui me laissaient croire que "la vie animait les lieux". Premièrement, je m’aperçus que l’étourdissant parfum de l’encens avait maintenant une odeur étonnamment plus forte. À un tel point que je craignis de suffoquer. Aussi, la température s’était visiblement réchauffée, dans cette pièce où j’avais d’abord eu du mal à discerner une différence avec l’air glacé de l’extérieur. Malgré tout, je n’hésitai point à revêtir ce long manteau que j’avais à la base abandonné quelques instants sur la banquette. Pour une raison qui m’échappe encore, j’avais l’intuition que je n’étais pas en sécurité dans un lieu aussi ténébreusement religieux. J’étais prête à partir quand j’entrevis une étrange silhouette près de l’hôtel. Probablement aurais-je crié, mais mon cerveau ne semblait pas vouloir traiter l’information que mes yeux percevaient. Comme si toutes ces histoires d’apparitions et de fantôme ne pouvaient m’arriver. Ma lucidité finit par reprendre le dessus, et je constatai que mon « apparition » était un visiteur, qui me faisais dos, et priaient à genou devant l’hôtel. Je restai pourtant là, immobile, à regarder cet inconnu. Il y avait quelque chose de jouissif, à regarder quelqu’un sans qu’il n’ait conscience de votre présence. Le relent étourdissant me donna à nouveau un vertige, comme pour m’inciter à quitter les lieux, mais un bruit me retint. Un sanglot. La femme pleurait. J’étais bien présomptueuse de tout de suite la juger femme, mais son sanglot et son long imperméable dégageaient quelque chose de féminin. Cette fois, le vent frappant contre les vitraux s’était ajouté au concert de sanglots, ajoutant une note toujours plus ténébreuse aux lieux. J’avais horreur de l’agressive odeur d’encens, mais l’empathie que je portais envers de l’inconnue me clouait sur place. J’ignore combien de temps je restai sur place, à écouter les pleurs de l’éplorée, mais je finis par trouver le courage de lui adresser la parole. «Pardonnez-moi», dis-je. Mais ma voie semblait trop timide pour franchir la barrière du souffle de la tempête et parvenir aux oreilles de mon interlocutrice. «Pardonnez-moi !», répétais-je, maintenant avec une assurance qui fit raisonner ma voie contre les murs et profana le silence religieux. La femme ne se retourna pourtant point. La sollicitude fit place en moi à la consternation. Triste ou non, je trouvais que cette bonne femme avait du front de m’ignorer aussi évidemment. J’hésitai à partir, mais les sanglots hachés de la dame ne firent que me provoquer davantage. Que cela ne tienne, je pris comme devoir personnel d’attirer l’attention de la bonne femme. Je me dirigeai droit ver elle, puissant une confiance en moi dans le bruit de mes pas contre le carrelage. Arrivée à cette pleureuse qui me faisait dos, je mis ma main sur son épaule, l’adolescente rebelle que j’étais à l’époque ne supportait pas qu’on se joue d’elle bien longtemps. «Je crois vous avoir adressé la…». Ma phrase resta en suspens quand elle eu le culot de violement repousser mon bras, en la heurtant de sa main ridée. Je ne m’attendais point à une telle vigueur de la part d’une silhouette aussi frêle. Peut-être à cet instant aurais-je dû rebrousser chemin, comprenant qu’un comportement aussi dominant ne me tournerait qu’au ridicule. Mais cet éclair de sagesse se dissipa complètement, lorsque les pleurs de la vieille femme reprirent de plus belle. Cette fois c’en était trop, la rage fessait même battre le sang à mes tempes. Et cette ingrate ne daignait même pas se retourner ! Choquée, je me décidai à finalement la contourner et au moins pouvoir la regarder droit dans les yeux. Je m’exécutai, prenant le restreint espace libre entre l’hôtel et la vieille femme agenouillée. Mais cette vieille femme n’en était pas une. Un aperçu de la mort, voilà ce qui lui tenait de visage. J’étais comme hypnotisé par ces capillaires sanguins, que laissait entrevoir cette peau transparente de blancheur. Je croyais apercevoir le tableau dément d’un artiste en pleine folie. La chose pleurait en contorsionnant son visage, mais un tel monstre ne pouvait être animé de la sorte. C’était…comme..un cadavre revenant de son froid tombeau pour hanter les lieux. J’hurlai comme il ne m’avait jamais été donné d’hurler de toute ma vie. La créature chauve se leva, me fixant de ses orbites vides. Elle pleurait maintenant d’une façon si ridicule que je doutais que ce son puisse émerger d’une créature réelle. Elle se leva, et je criai de plus belle. Ma voie casée par la terreur se répercutait contre les murs et me déchiraient les tympans. Le démon laissait échappé de larges flots de larme de sang, en tendant sa main ridée vers moi. Elle s’avançait. Paniquée, je reculai, sans réfléchir. Je trébuchai contre l’hôtel qui était plus près de moi que je l’aurais d’abord cru. Je m’étais déjà évanouie de terreur lorsque je m’affaissai contre le socle de lampions allumés.

Ainsi se conclus mon récit. De cet horrible événement, je ne puis me rappeler davantage. Quand j’avais finalement repris conscience, dans une incandescente douleur, j’étais à l’hôpital. Quand j’aperçus mon visage dans le reflet d’une vitre, je sombrai dans l’hystérie. À quelque part, je savais que cette matinée d’horreur avait laissé sur moi plus qu’un simple souvenir cauchemardesque. Ce n’est que plus tard qu’on consentit à m’expliquer le véritable dénouement. On me narra avec justesse la surprise qu’avait eue une petite communauté chrétienne, en apercevant leur chapelle en flamme. Mais, à l’intérieur, selon les dires des pompiers, ne logeaient aucune créature d’outre tombe. Seulement une jeune fille inconsciente, en train de laisser les flammes lécher sa toujours vivante carcasse. Après de nombreux mois d’hospitalisation mes proches purent enfin observer le démon que je décrivais avec tant de rage, lors de mes délires comatiques. Ils purent l’observer, mais sur mon visage. Aucune greffe de peau et aucune chirurgie plastique ne réussit à améliorer le cas de cette adolescente maintenant grande brûlée. Peut-être croirez vous que je ne suis qu’une pauvre victime, qui tente d’inventer un contexte paranormal à la tragédie qui a détruit sa vie. Peut-être avez-vous raison…
Qui sait ce qui s’est vraiment passé, ce matin là, dans la petite chapelle blanche ?

Ce message a été modifié par -Snow- - 08 December 2008 - 04:17 PM.

Morale de l'histoire; Ne vous imaginez pas être différent de ce qu'il eût pu sembler à autrui que vous fussiez ou eussiez pu être en restant identique à ce que vous fûtes sans jamais paraître autre que vous n'étiez avant d'être devenu ce que vous êtes.
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Moon* Icône

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Posté 28 October 2008 - 11:24 PM

Tu as passé le meilleur bout ! Grrr. T__T J'étais plongée dans l'histoire en plus ! Rooh.

Bon, je le répète, J'ADOOOORRRRRREEE~~~ ta manière d'écrire. Je me déclare ta deuxième plus grande fan. >_>''' et j'ai adoré la fin =()


Ce message a été modifié par Moon* - 28 October 2008 - 11:35 PM.

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#3 L'utilisateur est hors-ligne   -Snow- Icône

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Posté 08 December 2008 - 04:18 PM

La lame


Nigel était une personne qui semblait choyée par la vie. En effet, il avait toujours pu jouir de l'abondance des écoles privées et de la chaleur des cartiers riches. Pourtant, tous ces détails ne l'avaient jamais rendu heureux. Mais ça, ses amis l'ignoraient, puisque Nigel n'abordait jamais le sujet de sa vie personnelle chaotique. Évidemment, il lui aurait été possible de consulter un psychologue, afin de soulager cette blessure intérieure. Toutefois, le jeune homme s'était trouvé une autre façon d'oublier ses problèmes. C'était une sorte de rituel, qu'il s'apprêtait à répéter, en ce matin d'octobre. Pour ce, il s'enferma dans une pièce étroite et empoigna un objet familier; une sorte de couteau très effilé.

Les longs doigts de Nigel se mariaient parfaitement au manche métallique de l'objet. Il eu seulement à regarder la lame aiguisée pour déjà sentir sa dépression le préoccuper de moins en moins. D'un geste vif, il fit une première entaille, sur la peau du thorax. La plaie qui s'en dessina semblait rayonner d'une lueur rougeâtre.
Nigel sourit en repensant aux premières années, où il ne pouvait que manier avec tremblement cette arme potentiellement meurtrière. Il avait toutefois finit par gagner en assurance, à mesure que cette action devenait journalière. Il respira un moment et déchira une fois de plus la chair rosée. En apercevant les premières gouttes de sang, il oublia pour de bon tous ces soucis. Il s'empressa d'éponger le filet couleur rubis, avec un morceau de linge stérile. Il attendit quelques secondes, mais l'hémorragie ne semblait pas vouloir s'arrêter. Pour la première fois depuis longtemps, il sentit la panique se dresser en lui. L'incision était-elle trop profonde ? Le cœur battant douloureusement à ses tempes, l'homme tenta d'arrêter le flot d'hémoglobine.
Mais il était trop tard...
Il n'y avait plus de pouls.

Il eu comme un silence dans la pièce, avant que Nigel se décide à confier son scalpel à l'infirmière. Il jeta un dernier regard au patient maintenant décédé, avant de sortir de la salle d'opération. Même en étant un chirurgien diplômé, il se sentirait toujours coupable en ne pouvant sauver un malade à temps.

Morale de l'histoire; Ne vous imaginez pas être différent de ce qu'il eût pu sembler à autrui que vous fussiez ou eussiez pu être en restant identique à ce que vous fûtes sans jamais paraître autre que vous n'étiez avant d'être devenu ce que vous êtes.
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   Lucas95 Icône

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Posté 22 July 2010 - 10:30 AM

Tes histoires sont superbes :)
J'addore !!!
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Dead Space...
Le meilleurs jeu sur PS3 !
Le meilleurs "survival horror" !
Le jeu le plus gore et flippant !
Surtout quand tu joues à sa à 3H du matin !


http://s18.bitefight...user/bite/64226

Avis à toutes les gentille âmes, cliqué, sa prend quelques seconde, merci.
Un petit temps de votre long temps, un grand pas pour moi :).
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