Soudainement, mon cœur s’éveille, toujours baigné du mirage de mon sommeil. Mes yeux se découvrent à cette maison endormie, à cette obscurité paisible où reposent les rêves. Tel l’intrus, je m’anime dans ce monde où tout semble encore plus inerte, encore plus magique. Moi, papillon aux ailes de sable, je marche tel le somnambule. Mes pieds effleurent doucement le plancher, comme pour éviter de te réveiller.
Mais je sais que ton sommeil est de papier, dans le cadre qui construit ton univers. Près de toi je trône, sur cette photo. Sans toutefois pouvoir te réveiller.
Mais peut m’importe, je laisse tomber mes ailes, qui se transforment en draps.
Et poursuit mes pas…doucement…l’un devant l’autre.
Mon corps se retrouve devant cette porte.
Ce sanctuaire scellé, où sont figés les souvenirs.
Mais ma main ne tremble pas, lorsque je brise le sceau des sentiments, lorsque je franchis le seuil et gagne ta chambre.
Et dans cette pièce, ne git aucun monde de papier dans un cadre d’ébène.
Qu’un seul drap papillon, étiré sur le lit.
Mais il y a cette fenêtre.
Dans les lueurs qui traversent la vitre, je vois enfin où la vie s’est cachée.
Mes yeux gagnent l’horizon, où meurt le crépuscule et niche le jour.
Mon visage baigne de cette lumière orangée, teintée des nuances de tes cheveux.
De mes cheveux.
Et j’admire ce monde qui s’offre à moi.
Mon cœur s’abreuve de sa douceur, des routes sinueuses parcourant la ville, des maisons bienveillantes aux murs de pierre.
Et j’aime ce monde où je te reconnais. Chaque trait de ton visage, adopté par les nuages.
Le moindre de tes mots, murmuré par les feuilles.
Un ciel bleu recouvre le firmament quand revient ce corps, autour de mon cœur.
Ce n’était pas un rêve, je le vois encore.
Je les perçois si bien, ses fleurs de ruelle, cultivées par les hommes.
Ces écharpes arc-en-ciel, nouées au tronc des arbres.
C’est ton être qui me parle, dans cette vision.
Ton âme qui murmure, tous les moindres détails.
Et je sais que depuis le début, tu n’es jamais vraiment partie.
Que ton essence sommeille, dans la beauté du monde.
Beaucoup plus tard, je viendrai te rejoindre.
Mais avant faisons de la terre un grand jardin.
Pour ceux qui viendrons après nous.
Après nous…
Ce message a été modifié par -Snow- - 29 May 2009 - 04:16 AM.
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